Signée en bas à droite "Serge Poliakoff"
Galerie Berggruen, Paris
Collection privée, Soleure (Suisse)
Vente Londres, Christie's, 17 février 2011, lot 203
Collection particulière
Vente, Paris, Christie's, 5 juin 2013, lot 166
Collection particulière
Vente, Cologne, Van Ham Kunstauktionen, 30 novembre 2016, lot 76
A l'actuel propriétaire par cessions successives
Bâle, Kunsthalle Basel, Robert Jacobsen & Serge Poliakoff, janvier-mars 1958, n°4300
A. Poliakoff, Serge Poliakoff, Catalogue Raisonné, Volume II, 1955-1958, Editions Galerie Française, Munich, 2010, reproduit en noir et blanc sous le n°56-13, p. 118
Cette oeuvre est enregistrée dans les Archives Serge Poliakoff sous le n°957100.
Un certificat de Monsieur Alexis Poliakoff sera remis à l'acquéreur.
Oil on canvas; signed lower right; 23 ⅝ x 28 ¾ in.
Avec Rouge (circa 1956), Serge Poliakoff nous plonge dans un univers d’où émane une chaleur générée par la tonalité rouge qui recouvre les trois quarts de la composition ; l’une des couleurs de prédilection de l’artiste. En-dessous et en haut au centre surgit en opposition, un bleu foncé -couleur froide- qui entretient avec le rouge des rapports complexes mais harmonieux, basés sur un jeu de contrastes soigneusement équilibré.
Libéré de toute ligne contraignante, le regard circule librement au cœur de ces formes colorées où seuls les coups de pinceau demeurent perceptibles. Tantôt l’une attire davantage l’attention, tantôt l’autre, mais toutes deux semblent nous inviter d’une même voix à nous y abandonner.
Peu à peu, cette immersion fait naître l’impression d’une vibration des aplats de couleur. Cet effet résulte de la superposition successive de couches de peinture en transparence. Celles-ci laissent deviner les couleurs sous-jacentes, tantôt le bleu foncé, tantôt le blanc, qui entrent ainsi en résonance les unes avec les autres. Comme le souligne Poliakoff lui-même : « En ce qui concerne l’aplat, la difficulté est de lui donner la vie. Aussi, à travers l’aplat, je cherche une transparence. La transparence donne la vie ». La vie que fait naître Poliakoff dans son œuvre se veut la matérialisation du cosmos intérieur de l’artiste. Mais en nous invitant à la contempler, c’est également au cœur de notre propre intériorité que ce grand maître de l’abstraction d’après-guerre nous invite à voyager.
With Rouge (circa 1956), Serge Poliakoff immerses us in a universe from which a sense of warmth emanates, generated by the red tonality that covers three quarters of the composition -one of the artist’s favourite colours. Below and at the top centre, in opposition, emerges a dark blue -a cool colour- which maintains complex yet harmonious relationships with the red, based on a carefully balanced interplay of contrasts.
Freed from any constraining line, the gaze moves freely at the heart of these coloured forms, where only the brushstrokes remain perceptible. At times one draws more attention, at times the other, yet both seem to invite us, with a single voice, to surrender to them.
Gradually, this immersion creates the impression of a vibration within the flat areas of colour. This effect results from the successive superimposition of transparent layers of paint. These allow glimpses of the underlying colours, sometimes dark blue, sometimes white, which thus resonate with one another. As Poliakoff himself noted: “As far as the flat area is concerned, the difficulty is to give it life. Thus, through the flat area, I seek transparency. Transparency gives life”. The life that Poliakoff brings into his work seeks to materialize the artist’s inner cosmos. Yet by inviting us to contemplate it, this great master of post-war abstraction also invites us to journey into the depths of our own interiority.