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Rik WOUTERS (1882-1916)
Le Coin du Balais, Boitsfort (De Bezemhoek, Bosvoorde) - été 1914
Estimation :
150 000 - 250 000 €

Description complète

Le Coin du Balais, Boitsfort (De Bezemhoek, Bosvoorde) - été 1914
Huile sur toile
76 cm x 79 cm
Provenance :

Collection Van Bladeren, Laren

Collection Coty, Paris

Collection particulière, Bruxelles

Galerie Patrick Derom, Bruxelles

Acquis auprès de celle-ci par le père de l'actuel propriétaire

Expositions :

Anvers, Salon de l'Art contemporain, 1914

Bruxelles, Galerie Georges Giroux, 1914

Charleroi, XXI° Salon du Cercle artistique de Charleroi, 1947

Amsterdam, Stedelijk Museum, (en dépôt longue durée, selon une étiquette au dos)

Ostende, PMMK-Musée d'Art Moderne, Rik Wouters, juillet-septembre 1994, n° 53-II, reproduit en couleur p.110

Venlo, Musée Van Bommel Van Dam, Rik Wouters, octobre 1994-janvier 1995, n° 53-II, reproduit p.110

Bruxelles, Palais des Beaux-Arts, Rik Wouters, Des origines à l'œuvre, février-mai 2002, n° 142, reproduit en couleur

Bibliographie :

N.Wouters, La vie de Rik Wouters à travers son oeuvre, Les Editions Lumière, Bruxelles, 1944, cité p.83-84

R. Avermaete, Rik Wouters, Editions Jacques Antoine, Bruxelles, 1962, p.210

O.Bertrand, Rik Wouters, Les peintures - De Schliderijen, Petraco-Pandora, Anvers, 1995, n°174, reproduit en couleur p.205

O.Bertrand, Rik Wouters, Regard sur un destin, Belgian Art Research Institute, Bruxelles, 2000, reproduit en couleur p.87

Cette œuvre sera incluse dans la version révisée du catalogue raisonné de l'œuvre de l'artiste actuellement en préparation par Monsieur Olivier Bertrand.

Commentaire :

Oil on canvas; 29 7/8 x 31 1/8 in.




Rik Wouters (1882-1916) compte parmi les principaux artistes modernes belges du début du XX° siècle, mais également de l’avant-garde européenne tant son œuvre peint et sculpté s’inscrit dans les nouvelles recherches esthétiques internationales d’avant la première guerre mondiale.

Rapporter l’œuvre de Rik Wouters à la seule appellation de « fauve brabançon » serait réducteur. Cette appellation qui lui a été attribuée bien tardivement par des critiques et historiens de l’art belge dans les années 1920-1940, désignait un certain nombre d’artistes belges indépendants ayant renouveler l’impressionnisme sous l’influence de Wouters par une utilisation expressive de la couleur : Schirren, Anne-Pierre de Kat, Tytgat, Paerels, Jos Albert etc. L’œuvre de Wouters dépasse très largement le contexte régional et national belge par la vision nouvelle qu’il apporte au paysage et au portrait, par la synthétisation des formes et des couleurs, par la « jeunesse novatrice et forte » de son expression.

Cette vue du Coin du Balais à Boitsfort, commune sise entre Bruxelles et la forêt de Soignes où l’artiste s’installe au printemps 1914, est avant d’être la description topographique d’un paysage, une construction mentale sur la base d’un format carré. La vue plongeante s’arrête au premier plan sur le dessin sinueux d’un chemin contournant des ilots de végétation, la silhouette d’un homme marchant révèle la proportion et la distance. L’œil est conduit vers un second plan de maisons réduites dans leur description aux formes géométriques de façades et de toits dans une alternance de couleurs beiges, blanches et rouges. Enfin dans la partie supérieure de la composition deux bandes de couleurs superposées, vert pour la frondaison des arbres et bleu pour le ciel, ferment l’espace pictural. La représentation classique du paysage est ici reconstruite dans une volonté de synthèse des lignes de forces. Wouters n’est pas loin des recherches contemporaines du hollandais Piet Mondriaan et d’une certaine manière aux constructions de Klimt dans l’approche du paysage. Le format carré conduit à une concentration des lignes et des plans, à une synthèse homogène du sujet. Certes l’influence de Cézanne dont Wouters ne s’est jamais caché, s’illustre ici avec une parfaite compréhension des principes du maître d’Aix. Datant de l’été 1914, cette vue de Boitsfort est traitée à l’image des œuvres de Cézanne des dernières années, dans « des tons légers et traités comme l’aquarelle, délayés dans l’huile mélangée de térébenthine et se développent chromatiquement » ainsi que l’écrit à propos de notre tableau Nel Wouters la veuve de l’artiste en 1944 dans la monographie qu’elle lui consacre. Olivier Bertrand le spécialiste du peintre et auteur du catalogue raisonné de son œuvres écrit : « Wouters brosse ses toiles comme il travaille la glaise et pose ses couleurs comme l’aquarelle sur le papier. L’œuvre de Cézanne est le fruit d’un long mûrissement, celle de Wouters en cette année 1914 se nourrit de la spontanéité de l’urgence… » 

Car 1914 fut une année de consécration pour Rik Wouters : au Salon d’art contemporain d’Anvers où ses œuvres figurent à coté de celles d’Ensor et de Van Gogh, puis à la Galerie Giroux de Bruxelles où notre œuvre fut exposée, les critiques et les collectionneurs s’enthousiasment pour l’artiste de 32 ans. On loue son « labeur merveilleusement fécond… un artiste possesseur d’une originalité si franche et si audacieuse ». Rik Wouters s’impose alors comme l’artiste majeure de sa génération. Sa trajectoire sera interrompue lorsqu’il est mobilisé en août 1914. Le cancer l’emportera en juillet 1916 à l’âge de 34 ans.             




Rik Wouters (1882-1916) was one of the major Belgian Modern artists at the start of the 20th century and also one of the first among Europeans, as his paintings and sculptures were at the forefront of pre-war international aesthetic research.

It would be simplistic to reduce Rik Wouters’ work to the sole label of ‘Brabant Fauvist’. This label, which was bestowed on him quite late by critics and Belgian art historians in the 1920s-1940s, referred to a certain number of independent Belgian artists who had revitalised Impressionism under Wouters’ influence through the expressive use of colour: Schirren, Anne-Pierre de Kat, Tytgat, Paerels, Jos Albert, etc. By virtue of the new vision he brought to landscapes and portraiture, his synthesis of shapes and colours, and the ‘innovative and powerful youthfulness’ of his expression, Wouters’ works vastly transcended the Belgian regional and national context.

This view of the Coin du Balais à Boitsfort, a commune between Brussels and Soignes Forest, where the artist settled in the spring of 1914, is, before being a topographical description of a landscape, a mental construction based on a square. The bird’s-eye view stops at the forefront, on the sinuous contours of a pathways that twines between clusters of greenery, where the silhouette of a man walking reveals the proportions and distance. The viewer’s eye is drawn towards the middle distance, where houses are portrayed merely with geometrical shapes for their façades, and their roofs in alternating beiges, white and red. Finally, in the upper part of the composition, two bands of superimposed colours, green for the foliage of the trees and blue for the sky, close the pictorial space. The classical landscape representation is redesigned here, aiming to provide an overview of the lines of force. Wouters’ research was not that different from the contemporary research of Dutch painter Piet Mondriaan, and in a certain way, Klimt’s approach toward portraying landscapes. The use of the square format led to a concentration of the lines and planes, and a homogenous synthesis of the subject. Cézanne’s influence, which Wouters never denied, is clearly visible here, with the perfect understanding of the principles of the great master from Aix. Painted in the summer of 1914, this view of Boitsfort was treated like Cézanne’s later works. In 1944, in the monograph she devoted to him, Nel Wouters, the artist’s widow, wrote of this work that it was painted in ‘light hues, treated like watercolours, mixed into oil combined with turpentine, and left for the colours to develop’. Olivier Bertrand, an expert on the painter and author of the catalogue raisonné of his work, wrote, ‘Wouters painted his works the same way he worked with clay and placed his colours like watercolour on the paper. Cézanne’s work was the fruit of lengthy elaboration. Wouters’ work in that year of 1914 was fuelled by spontaneity and urgency…’. 

Because 1914 was the year in which Rik Wouters’ work was consecrated, first at the Antwerp Contemporary Art Exhibition, where his works were shown alongside those by Ensor and Van Gogh, then at Galerie Giroux in Brussels, where this work was exhibited, critics and collectors were very enthusiastic about the 32-year-old artist. They praised his ‘marvellously prolific work’ and said that he was an ‘artist of such frank and daring originality’. Rik Wouters established himself as the leading artist of his generation. His trajectory would be interrupted when he was mobilised in August 1914. He passed away from cancer in July 1916 at the age of 34.     

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