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Michael KREBBER (1954-)
MK 321 - 2016
Estimation :
18 000 - 25  000 €

Description complète

MK 321 - 2016

Laque industrielle

Signée et datée au dos

220 x 150 cm


Lacquer on canvas; signed and dated on the reverse

86.61 x 59.05 in.

Provenance :

Greene Naftali, New York

Acquis directement auprès de cette dernière par l'actuel propriétaire

Commentaire :

FR


Michael Krebber a passé les quarante dernières années à explorer de nouvelles voies vers et hors de la peinture, toujours conscient des voix qui annonçaient l’épuisement de ce médium, mais néanmoins déterminé à en assurer la pérennité. Son approche conceptuelle – développée grâce à ses études auprès de Markus Lüpertz et à ses assistanats auprès de Georg Baselitz et Martin Kippenberger – a valu à Krebber la reconnaissance de la scène artistique de Cologne des années 1980 et 1990, aux côtés de ses pairs tels que Cosima von Bonin, Jutta Koether et Josef Strau. À l’instar de ces derniers, Krebber redonne vie aux stratégies de la néo-avant-garde européenne qui l’ont précédé, formulant une critique ouverte des systèmes et des processus artistiques à travers de subtils indices visuels. Pourtant, son attitude apparemment réservée – souvent comparée au dandy de Baudelaire ou au Bartleby de Melville – rend Krebber unique. Sa définition de la peinture, à la fois effacée et expansive, a laissé place à un large éventail de formats, exposant tour à tour des textiles à motifs, des affiches et des dizaines de toiles ne portant que quelques marques timides. Ces gestes légers incarnent ce que John Kelsey appelle « une hésitation permanente entre la répétition et l’interruption (ou entre avoir une idée et n’en avoir aucune) », maintenant vivante la pratique de la peinture tout en court-circuitant les attentes du monde de l’art quant à sa domination et à son décorum. Toujours de bonne humeur, Krebber a à son tour occupé l’imaginaire social de l’art en tant que source mercurielle d’invention malicieuse.

Mais si la personnalité de Krebber le précède parfois, ses peintures révèlent, par leur traitement habile, voire délicat, un attachement indéfectible à l’esthétique et au savoir-faire. « Krebber aurait-il pu prévoir que son art pourrait réellement émouvoir ? », demande Michael Sanchez. « Que son œuvre humoristique, et la politesse avec laquelle elle est présentée, puisse donner envie de pleurer ? » L’approche intellectuelle de Krebber est depuis longtemps teintée d’émotion (il parle souvent de sa « gêne »), et son engagement envers la peinture est finalement autant axé sur sa persistance que sur sa déconstruction (ce qui est tout à fait approprié, compte tenu de son poste de longue date de professeur de peinture à la célèbre Städelschule de Francfort). Comme l’écrit Kelsey, la stratégie de Krebber consiste « à répéter et à cesser de peindre afin de se pencher sur le système plus large qui fait de la peinture ce qu’elle est aujourd’hui, ce qu’elle était hier, et ce qu’elle pourrait être ou cesser d’être demain. »


EN


Michael Krebber has spent the past forty years in pursuit of new routes into and out of painting, ever-conscious of claims for the medium's exhaustion yet committed to its endurance all the same. His conceptual approach—developed through studies with Markus Lüpertz and assistantships with Georg Baselitz and Martin Kippenberger—endeared Krebber to the Cologne art scene of the 1980s and ’90s, alongside peers like Cosima von Bonin, Jutta Koether, and Josef Strau. Like them, Krebber animates European neo-avant-garde strategies that came before, mounting an open-ended critique of art’s systems and processes through subtle visual cues. Yet his apparently diffident attitude—often likened to Baudelaire’s dandy or Melville’s Bartleby—renders Krebber unique. His self-effacing yet expansive definition of painting has admitted a wide range of formats, variously exhibiting patterned textiles, posters, and scores of canvases that bear just a few tentative marks. Those slight gestures embody what John Kelsey calls “an ongoing hesitation between repetition and interruption (or between having an idea and having no idea),” keeping the practice of painting alive while short-circuiting art world expectations for its dominance and decorum. Always in good humor, Krebber has in turn preoccupied art’s social imagination as a mercurial source of sly invention.

But if Krebber’s persona sometimes precedes him, his paintings reveal an abiding dedication to aesthetics and craft with their deft, even delicate, handling. “Could Krebber have predicted the possibility that his art could actually be touching?” asks Michael Sanchez. “That his joke-work, and the politeness of its delivery, can make one want to cry?” Krebber’s intellectual approach has long been laced with affect (he often speaks of his “embarrassment”), and his engagement with painting is ultimately as focused on its persistence as it is on its deconstruction (fitting, given his longtime post as professor of painting at Frankfurt’s acclaimed Städelschule). As Kelsey writes, Krebber’s tack is “to repeat and to stop painting in order to go to work on the wider system that makes painting what it is today, what it was yesterday, and what it might be or stop being tomorrow.”



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