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Fernand LÉGER (1881-1955)
La fermière et la vache - 1953
Estimation :
120 000 - 180 000 €

Description complète

La fermière et la vache - 1953
Gouache sur papier calque

Signé des initiales en bas à droite “F.L.”

70.2 cm x 53.2 cm
Provenance :

Galerie Louise Leiris, Paris

Galerie Berggruen, Paris

Thomas Gibson Fine Art, London (acquis auprès de cette dernière en 1973)

Collection particulière, Royaume-Uni

Commentaire :

Gouache on tracing paper, signed with the initials lower right; 27 5/8 x 21 in.


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Après sa parenthèse new yorkaise durant la seconde guerre mondiale, Fernand Léger revient en France et, porté par un souffle d’optimisme vers la célébration joyeuse de la reconstruction du pays, il donne encore une nouvelle direction à son art. Le peintre de la modernité, de la mécanisation, de l’autonomisation de l’objet avait déjà réintroduit la figure dans les années 1930 et plus encore dans ses œuvres de la période américaines, avec notamment la fameuse série des Plongeurs. Mais à partir de 1945, il se donne pour mission de faire entrer l’art populaire dans l’ère de la modernité plastique et d’offrir à sa vision humaniste le fruit de ses audaces expérimentales. Les couleurs libérées des contraintes du contour doivent magnifier les sujets les plus prosaïques.

Guidé par ces préceptes forts, le peintre imagine un art de son temps pour tous, élargit la gamme de ses modes d’expression pour toucher plus universellement et recherche la monumentalité pour donner à voir sans médiation élitiste. C’est avec la même vision qu’il travaille à d’amples compositions parant des atours de majestueuses fresques, le quotidien de ses congénères au travail dans Les constructeurs, ou dans leurs loisirs dans La grande parade ou encore La partie de campagne.

Avec cette dernière série campagnarde et plus encore dans La Fermière et la vache, apparait véritablement un trait essentiel et inédit de cette période finale de création chez Fernand Léger, qui opère un retour aux sources tout en cherchant l’ultime synthèse, lui l’enfant d’Argentan qui aime se réfugier dans sa maison de Lisores au cœur de la campagne normande. Au centre de son ode au monde rurale, la fermière, figure maternelle et nourricière, est saisie dans une noble attitude d’offrande. Elle forme avec la vache un duo humain-animal saisi dans une harmonieuse interaction comme une réminiscence moderne de l’iconographie séculaire de Saint Jérôme soignant le lion. Le bovidé, lui-même, tout auréolé de l’or de l’aplat qui le parcourt est représenté tel le digne héritier des témoins essentiels des nativités anciennes. De même, à l’arrière-plan, se dessine une autre vision idéale sous le pinceau de l’artiste, les branches de l’arbre, présence amie et récurrente chez Léger semblant ici tracer des chemins organiques entre les îlots géométriques de la modernité des constructions humaines, en bas à gauche et en haut à droite.

Dans La Fermière et la vache, le peintre nous délivre une utopie artistique d’avant-garde, une composition puissamment symbolique à la fois moderne et intemporelle où les lignes tissent des liens surnaturels qui unissent nature et culture dans un réjouissant élan coloré.




After spending time in New York during the Second World War, Fernand Léger returned to France and, driven by a burst of optimism for the joyful celebration of the country’s reconstruction, once more took his art in a new direction. The painter of modernity, mechanisation, and empowerment of objects had already reintroduced figures in the 1930s and even more so in his works from his American period, with, in particular, the famous Plongeurs series. As of 1945, however, he set himself the task of bringing popular art into the modern artistic era and of offering the fruit of his experimental audacity to his humanistic vision. Couleurs, freed of the constraints of outlines, must enhance the most mundane subjects.

Guided by these strong guidelines, the painter imagined modern art for all, broadening the range of his expression to reach a more universal audience, pursuing monumentality to make art accessible without elitist mediation. It was with the same vision that he worked on large-scale compositions, adorning the daily lives of his contemporaries at work in Les Constructeurs, or during their leisure time in La Grande Parade or La Partie de Campagne with the trappings of majestic frescoes.

With this last rural series, and even more so in La Fermière et la Vache, an essential and unprecedented feature of this final period of Fernand Léger’s creation appeared. He, the child from Argentan, who loved to retreat to his house in Lisores in the heart of the Normandy countryside, returned to his roots while searching for the ultimate synthesis. At the core of his ode to rural society was the woman farmhand, a maternal and nurturing figure, portrayed in a noble attitude of offering. With the cow, she forms a human-animal duo, caught in a harmonious interaction like a modern reminiscence of the secular iconography of Saint Jerome tending to the lion. The bovid itself, swathed in the golden colour of the flat tint that traverses it, is portrayed as the worthy successor to the essential witnesses of ancient nativity scenes. In the same way, in the background, another vision comes to life beneath the artist’s brush; the branches of the tree, an amicable and recurring presence in Léger’s works, seem here to draw organic pathways between the geometric clusters of the modernity of the human constructions that are seen at the bottom to the left and at the top to the right.

In La Fermière et la Vache, the painter delivers an avant-garde artistic utopia, a powerfully symbolic modern yet timeless composition in which the lines weave supernatural bonds that unite nature and culture in a joyful, colourful surge.



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